les limaces de soufre
les gosiers de rocaille
les ramures de ronces
le cep des vignes calcinées
la robe noire du dragon, charbon tisserand
les fourrures éparses de nos cents dix soldats
par un court écran de lumière qui décale des branchades à contre-jour
de mon abri précieux
je cadre mon attention, lance mon regard sur les vapeurs rosées qui
chamardent en volutes autour de la planète,
je m’accroche à la stature de vol immanent de l’un d’entre eux
et les repique sur l’instant de leur réalité éclatante et obscène
drapeaux, paysages, infinis, nirvanas de volutes
l’inde et l’amérique, le fond du tiroir et les profondeurs de l’océan
sont les mêmes visions que cet espace que vous m’offrez
Bientôt je suis comme si j’étais dans une salle de musée large d’environ dix mille mètres carrés, et que je regardais passer l’oeuvre titanesque
ou que j’étais au bord d’un canyon monstrueux, et qu’une abstraction fantomatique me faisais signe de l’autre côté, indéfinissablement lointaine et étrange
et alors seulement me prend le Grand Vertige
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire